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dimanche, 11 mai 2008
La Tocardise
Quand quelqu'un autour de soi se met à menacer de velléités d'artiste, la réaction est de soupirer intérieurement. ( Surtout -soyons sympa- pas de soupir extérieur dans un premier temps: ça serait malhonnête: il n'a pas commencé à «s'eksprimer». Mais, autant que se peut, garder le silence (Mon Dieu faites que ça lui passe... qu'il garde ça pour lui... genre jardin secret où personne d'autre ne va, mais où chacun imagine que ça empeste... on ne sait quoi... un genre de fleur pourrie mais très carnivore, très grasse, et vivace...) )
C'est vrai que le risque est grand, de la tocardise. Probable même à 99,99%. Et -mon Dieu- que c'est pénible à gérer, dans son entourage, un artiste tocard. Et bien délicat d'avouer à quelqu'un qu'il est nul. La pente facile est de faire mine d'aimer ses productions: romans chiants, chansons chiantes (prononcez bien). Ou plus probablement « po-êmes », avec accent circonflexe -«de majesté»!!!- sur le e. Les poêmes, c'est vite écrit, or (ça tombe bien) c'est ce qu'ont produit les plus grands génies de l'Humanité, on a appris ça à l'école...
Productions banales.
Productions anales.
N'iront pas dans les annales.
(Zut voilà que je m'y mets.)
Déjà les artistes reconnus nous sont, au bout de cinq minutes, insupportables. À part quelques génies... Alors lui...
On l'aimait bien, pourtant, modeste compagnon de conversations foireuses. Parties de scrabble philo autour d'un pétard. Mais voilà que ce con prétend monter seul sur l'estrade, qu'il ose nous réclamer notre silence...
(Heureusement de tout temps il y eut la Pensée Universelle, et maintenant Internet.)
- Eh, redescends sur terre: tu n'es pas entouré de gens qui t'aiment... Ils te supportent, les pauvres.
14:35 Publié dans 4. Réflexions | Lien permanent











